Gymnocalycium bruchii (Spegazzini) Hosseus ssp deminii Gapon et Neuhuber

 

 

Gymnocalycium bruchii (Spegazzini) Hosseus ssp deminii Gapon et Neuhuber a été publié en 2016 par Gapon et Neuhuber dans la revue en ligne russe Cacti Year-Round. Les deux auteurs ont ensuite publié le même article, traduit en Allemand et en Anglais, dans la revue autrichienne Arbeistgruppe Gymnocalycium 30(1)2017:1219-1228.

Gymnocalycium bruchii (Spegazzini) Hosseus ssp deminii Gapon et Neuhuber a été découvert en novembre 2011 par Gapon alors qu’il se trouvait en compagnie de Dmitry Denim sur le Cerro Uritorco, plus haute montagne de la Sierra Chica (1979 m), dans le Nord de la province de Cordoba.
Cette sous-espèce se caractérise par une tige de petite dimension, un nombre moins important d’épines radiales (8-12) par rapport au type (13-17) et par des fleurs jaune-pâle et pousse à une altitude d’environ 1600 m.

Description par Gapon et Neuhuber:
Petite tige, jusqu’à 15 mm de diamètre mais pouvant aller, en culture, jusqu’à 27 mm. D’abord solitaire puis cespiteuse, aplatie sur le dessus. Son épiderme est vert foncé. Côtes habituellement 8-10. Aréoles à court feutre laineux blanc, légèrement allongées, jusqu’à 2 mm de long. Epines 8-9 (-12), très fines, jusqu’à 6 mm de long, droites ou légèrement incurvées, crémes à blanches, base plus foncée, 1 rarement 2 épines centrales droites, érigées, un peu plus foncées, jusqu’à 4 mm de long. Fleurs émergeant des aréoles proches de l’apex, campaniformes, 25-32 mm de long et 25-42 mm de diamètre. Pétales intérieurs jaune pâle au début, devenant  crème ultérieurement, plus foncés à la base. Pétales extérieurs portant une bande médiane rose-brun clair. Péricarpe court, vert, écailles vertes avec des marges pâles ou rose pâle. Réceptacle blanc. Filament des étamines blanc, anthères jaunâtres. Style blanc. Stigmate jaune pâle avec 7 (jusqu’à 9) lobes. La base du stigmate est au niveau des anthères du plus dernier rang d’étamines. Ovaire à parois blanche, 5-6 mm de long, jusqu’à 6 mm  de diamètre. Fruits ronds, vert à maturité, déhiscent verticalement. Graines noires, partiellement ou totalement recouvertes d’un tégument brun (propre au sous-genre Gymnocalycium).

Ce gymnocalycium a été découvert et collecté en 1986 par Mats Nilsson avec la référence MN 80.  Il a tout d’abord été attribué à Gymnocalycium bruchii, puis, lorsque les première fleurs sont apparues, à Gymnocalycium andreae. En 1932 des plantes observées dans ce secteur avaient été dénommées Gymnocalycium andreae v. grandiflorum. En 1999, Gert Neuhuber a collecté dans ce secteur Gymnocalycium andreae subsp. pabloi. Gymnocalycium andreae est aussi documenté sur le Cerro Uritorco.

Dans sa récente étude Gymnocalycium bruchii (Spegazzini) Hosseus ssp deminii Gapon et Neuhuber a new subspecies from Cerro Uritorco Schütziana 7(2016)3 pp 27-40, Tomáš Kulhánek fait un point complet sur l’histoire de ce taxon, sa répartition géographique, son habitat, la différentiation avec les autres taxons appartenant à Gymnocalycium bruchii. Il propose en outre une nouvelle description enrichie ainsi qu’un diagnostic différentiel prenant en compte Gymnocalycium bruchii subsp. atroviride (Neuhuber, 2009b) et Gymnocalycium bruchii subsp. elegans (Neuhuber),

Description nouvelle par Kulhanek :
Tige globuleuse aussi bien chez les jeunes sujets que chez les plantes adultes ( dans l’habitat naturel), les plantes adultes jusqu’à 50 mm de diamètre et 40 mm de hauteur; Épiderme vert moyen, parfois plus foncée lorsque la plante est exposée au soleil; Racine épaisse, soit unique, soit composée de deux branches principales; Côtes 8-13(-14), convexes, droites, sillons longitudinaux larges et profonds, légèrement ondulés dans toutes les parties du corps, si la plante est en pleine turgescence, les côtes sont presque aplaties dans leur partie inférieure ; Le sillon transversal est court et pas très aigu, habituellement limité à la partie médiane de la nervure, traversant rarement toute la nervure, joignant deux sillons longitudinaux si la plante n’est pas en complète turgescence; tubercules étroits, obtus, même sur les plantes entièrement turgescentes, placés sous les aréoles, juste au-dessus de la fente transversale, chez les plantes plus anciennes plus comprimées, formant de petits mentons proéminents. Aréoles ovales, distantes de 6 à 10 mm l’une de l’autre, avec un feutrage marron blanchâtre, particulièrement quand elles sont jeunes. Épines dans la partie supérieure du corps, nettement blanches marron (couleur corne), sur toute leur longueur avec une base plus foncée, elles sont généralement grisâtre dans la partie inférieure de la tige, épines en section partiellement ronde, relativement mince, dans les vieilles plantes une partie des épines nettement aplaties, du fait probablement de la pression des bourgeons floraux lors de leur développement; des épines radiales 9-11, 5-18 mm de long, habituellement 4-6 mm de long chez les jeunes plantes et 8-18 mm de long chez les plantes adultes, disposées radialement, rigides et légèrement tordues chez les jeunes plantes, dans les plantes plus anciennes droites ou tordues à travers la tige, plus rigides et chez les plantes très anciennes, disposées irrégulièrement, épine inférieure plus courte, généralement 1, souvent deuxième paire ou deuxième et troisième paires d’épines latérales plus longues, il peut arriver que la première paire soit manquante ou que seulement une courte épine soit présente; épines centrales 0-1 chez les jeunes plantes, plantes adultes généralement avec des épines centrales sur chaque areole, (0-) 1-2 (-4), épines aussi raides et rigides que les épines radiales, mais plus souples aux extrémités, rarement aplaties sur les plantes plus âgées, même longueur ou plus long que les plus longs épines radiales. Fleurs hermaphrodites ou unisexuées, caractère dioïque développé sur ce taxon (différencié en fleurs mâles et femelles), petites, courtes, de 26-39 mm de long et 38-42 mm de large en pleine anthèse ; Bourgeon de fleur obovale, plus tard avec l’extrémité plus pointue; Périanthe et péricarpe distincts, péricarpe brillant vert foncé, épais, de 6-10 mm de long, avec environ 8 écailles vert foncé, blanchâtres sur les marges, les écailles basales plus petites avec de petites extrémités pointues; périanthe en forme d’entonnoir, segments externes du périanthe, de spatulé court, plus long que large, à ovale, progressivement plus long, jusqu’à 23 x 5-7 mm, face externe verdâtre en partie basale et vert foncé-violacé en partie supérieure, passant à blanchâtre ou jaune pâle aux marges, sur leur face interne, crème blanchâtre à jaune pâle; Segments du périanthe interne oblongs, 16-25 x 3-5 mm, jaune pâle à crème; Réceptacle étroit, couleur crème, ovaire ovale-oblong, style légèrement jaunâtre, partie basale blanchâtre, 1,5 mm en coupe à la base, extrémité distale non rétrécie, 7-10 mm de long; lobes du stigmate 7-10; Filaments des étamines régulièrement insérés sur toute la paroi du réceptacle, blanchâtres, les sommets des filaments les plus hauts atteignant la base ou la pointe des lobes du stigmate; Anthères blanc. Fruit oblong, 10-16 x 10-12 mm, vert foncé. graines 1,2-1,4 mm, noir, généralement plus de 70% de la surface de la testa recouverte de cuticule, mais absente de plusieurs parties de la testa; région hile-micropyle ovale en forme de large goutte.

Distribution et habitat :
Les populations de cette nouvelle sous-espèce ont été trouvées jusqu’à présent uniquement dans une très petite zone sur un versant sud du Cerro Uritorco, Sierra Chica. Le massif du Cerro Uritorco est composé d’un sous-sol plutonique et métamorphique de la fin du protérozoïque (Paléozoïque récent). L’habitat de ce taxon s’étend des marges orientales d’un plateau à la partie inférieure d’une vallée orientée vers le sud-ouest à une altitude de 1620 m (la base de la Vallée est nommée Valle de Los Espiritus). Ces plantes poussent en plein soleil ou à l’ombre de la végétation, dans un sol sableux provenant de la désagrégation du sous-sol métamorphique.

A l’occasion de cet article, l’auteur tente de replacer ce nouveau taxon au sein du groupe d’espèces de Gymnocalycium bruchii qui est fort de nombreux taxons décrits sur différents niveaux taxonomiques. Si l’on suit la dernière révision de Gymnocalycium bruchii fournie par Papsch (2012-2013), ce groupe d’espèces peut généralement être divisé en deux sous-groupes en fonction des différences morphologiques entre les plantes jeunes et adultes. Ces deux sous-groupes sont en grande partie en corrélation avec l’altitude de leur occurrence. Cette étude compare la distribution, l’écologie, la morphologie des organes végétatifs et reproducteurs et la taxonomie du groupe.
1- Les plantes jeunes et anciennes ont les mêmes caractéristiques morphologiques – positionnement des épines, nombre d’épines, épines couchées sur la tige – couvrant la tige ; Dans ce sous-groupe, les jeunes plantes ont la même apparence que les anciennes. Celles-ci croissent essentiellement à basse altitude, 650-1400 m.
2- Les plantes jeunes et matures présentent des caractéristiques morphologiques différentes, avec les plantes plus anciennes pouvant avoir un habitus plus ouvert ou un arrangement différent ou une longueur différente des épines. Poussant principalement à des altitudes plus élevées, au-dessus de 1400 m, ce sous-groupe pourrait être associé à Gymnocalycium bruchii ssp atroviride, Gymnocalycium bruchii ssp brigittae, Gymnocalycium carolinense (sensu Neuhuber) et Gymnocalycium meregallii.

L’auteur a de la difficulté à attribuer à l’un ou l’autre de ces sous-groupes la totalité des taxons de Gymnocalycium bruchii (G.bruchii ssp atroviride, G. bruchii ssp suzannae, G. bruchii ssp elegans, Gymnocalycium bruchii ssp deminii…). Il trouve des affinités morphologiques de certains taxons avec Gymnocalycium andreae ou Gymnocalycium amerhauseri, ce qui pourrait soutenir l’idée d’hybridation et nécessiterait une étude plus approfondie aussi bien sur le terrain qu’en culture voire même sur le plan moléculaire.

 Des graines de Gymnocalycium bruchii ssp deminii Gapon & Neuhuber ont été semées en janvier 2017 et ce taxon sera illustré dès que possible.