Gymnocalycium kulhanekii Papsch spec. nov.

 

Sous-genre : Gymnocalycium

Espèce non reconnue par Graham Charles
Espèce non reconnue par Detlev Metzing
Espèce non reconnue par « The Plant List »

 

 
 
Gymnocalycium kulhanekii Papsch a fait l’objet d’une publication dans la revue en ligne Schuetziana 7(2016)2 Gymnocalycium kulhanekii Papsch spec. nov., Wolfgang Papsch. Se reporter à cette publication pour prendre connaissance de la description complète et voir de nombreuses photos de cette nouvelle espèce.
 Ce taxon n’a pas été immédiatement identifié comme une nouvelle espèce. Découvert à une altitude d’environ 1430 m en terrain rocheux entrecoupé de prairies, cette plante a été spontanément attribuée à Gymnocalycium andreae v. grandiflorum. Rapidement, des doutes surgirent à cause de la coloration de sa tige et des restes rouges d’une fleur. Cette découverte a été référencée Gymnocalycium andreae fma WP 04-442 / 859 Cerro Uritorco, 1 430 m et  également SNE 04-108. Des graines mûres furent prélevées sur certaines plantes.
Après 12 ans de culture de ces semences, des rapports et des visites ultérieures sur l’habitat, l’étude des fleurs, la fructification et les graines, il pouvait être établi de manière certaine qu’une nouvelle espèce avait bien été découverte avec ces plantes dont voici le diagnostic et la description :
Ce taxon diffère de Gymnocalycium pinalii Meregalli & Kulhánek 2016 par sa tige plus petite, une spination plus forte et une fleur courte, presque sans gorge, de couleur pourpre intense. Les pétales sont disposés en plusieurs rangées.
Tige : sphérique, (5) -6-8- (10) cm de diamètre, vert terne à grisâtre, les jeunes plantes sont d’un vert nettement plus claire, tige non cespiteuse dans sa localité d’origine.
Racine : Racine courte, se terminant par des fibres fines.
Côtes : (7) -9-10- (11), constamment 7 sur les jeunes sujets, droites, se dissolvant en les tubercules qui sont larges, émoussés et arrondis à la base et divisés par de courtes rainures transversales.
Aréoles : rondes, d’abord blanc laineux, plus tard chauves.
Epines latérales : (6) -7-9, typiquement une paire de 15-18 mm de longueur de chaque côté respectivement, 2 plus longues (16-22 mm) à gauche et à droite de l’aréole, pointant latéralement vers le bas et une plus courte (15 mm) pointant vers le bas. Jusqu’à 2 autres épines latérales délicates sont parfois présentes à la partie supérieure des aréoles. Épines centrales : 1-2, droite(s), 12-15 mm de long.
Toutes les épines : radiales, pas proches de la tige, pas très raides, parfois irrégulièrement courbées à la pointe, jeunes unicolores blanches à jaunâtres, plus tard une base brun rougeâtre nettement apparente apparaît de telle sorte que la couleur de la spination peut être qualifiée de multicolore.
Fleurs : très nombreuses sur les aréoles les plus jeunes, en forme d’entonnoir large ou de cône inversé, jusqu’à 40 mm de long, et 35 mm de diamètre à l’anthèse complète, de couleur rose foncé; d’étranges écailles semi-circulaires avec des bords clairs sur le réceptacle, les écailles se fondent brusquement dans de larges pétales spatulés de couleur olive foncée. Pétales extérieurs de forme spatulée large, 20 x 9 mm, avec une large rayure foncée; Pétales intérieurs 5,6 x 20 mm, presque toujours disposés en plusieurs rangées ce qui fait penser que la fleur est « remplie ». Ovaire d’environ 4 x 5 mm, rond à légèrement conique inversé, loges nectarifères étroites, légèrement inversement coniques, de 1-1,5 mm de profondeur et de couleur délicatement rose, insertion des filaments sur deux rangées difficilement discernables, avec peu de filaments primaires basculant vers le style, le reste réparti sur toute la paroi interne du périanthe, tous blancs avec une base délicatement rose. Anthères sphériques, 0,5-0,6 mm de diamètre, jaune. Style jusqu’à 18 mm de long, 2-2,5 mm de diamètre à la base, lobes du stigmate 8, jusqu’à 5 mm de long, blancs.
Fruit : sphérique à ovoïde, 1-1,2 cm de diamètre, d’abord vert clair, plus tard changeant de couleur j’usqu’à vert olive, s’ouvrant longitudinalement à maturité.
Graines : sous-genre Gymnocalycium, 1-1,2 mm, noir, recouverte d’une cuticule partiellement très épaisse.
Localité : Province de Córdoba, Département de Punilla, Capilla del Monte, Cerro Uritorco, dans la section Quebrada del Viento à une altitude de 1.400-1.450 m, dans une zone très restreinte de prairie pas trop escarpée, qui est entrecoupée de roches et de débris.
Type : Argentine, Province de Córdoba, Cerro Uritorco, à 1430 m d’altitude; leg Papsch WP 04-442 / 859, Nov. 2004 (CORD, holo, TO, iso). Les coordonnées exactes de la localité sont déposées avec l’holotype.
Etymologie : La nouvelle espèce est nommée en l’honneur de Tomáš Kulhánek, amateur et collecteur de Gymnocalycium (Moravský Krumlov, République tchèque).

Dans la discussion qui suit cette description, l’auteur compare ce nouveau taxon à d’autres présents sur la même station ou à proximité, sur le même massif. Tour à tour sont examinés :

  • Gymnocalycium andreae et Gymnocalycium bruchii poussant sur le Cerro Uritorco. S’ils sont semblables au nouveau taxon par leur taille, la forme de la fleur et leur appartenance au même sous-genre, il n’y a pas de caractéristiques communes quant à la forme de la tige et à la spination.  Leurs tiges restent plus petites et cespiteuses, ce qui ne permet pas de considérer ces espèces comme apparentées.
  • Gymnocalycium mostii et Gymnocalycium monvillei de la même localité mais qui appartiennent au sous-genre Scabrosemineum.
  • Gymnocalycium amerhauseri Till, Gymnocalycium erinaceum var. paucisquamosum Piltz ainsi que le très récemment décrit Gymnocalycium pinalii Meregalli & Kulhánek du sous-genre Gymnocalycium poussent non loin au nord et au nord-est du Cerro Uritorco, et un peu plus au sud. Voir les comparaisons présentées par Meregalli et Kulhánek dans l’article Schütziana 7(2016)1.
    S’agissant de Gymnocalycium pinalii, l’auteur rappelle qu’il pousse à une taille bien plus importante, mais sa spination se rapproche beaucoup de Gymnocalycium kulhanekii de sorte qu’il est problématique de le distinguer de la nouvelle espèce, en particulier chez les jeunes de ce dernier. Gymnocalycium kulhanekii pourrait être considéré simplement comme une forme influencée par l’altitude, mais il existe des différences distinctes dans la structure des fleurs.
    Gymnocalycium amerhauseri, Gymnocalycium erinaceum var. paucisquamosum et Gymnocalycium pinalii ont des fleurs blanches plus ou moins larges et étroites en forme d’entonnoir avec une gorge pourpre, qui atteignent jusqu’à 70 mm de longueur. La courte fleur en forme d’entonnoir de la nouvelle espèce avec son ovaire extrêmement court indique une origine complètement différente. Outre sa similarité dans la structure des fleurs à celle de Gymnocalycium andreae et de Gymnocalycium bruchii, une ressemblance avec la fleur de Gymnocalycium neuhuberi peut être observée. Les habitats de Gymnocalycium neuhuberi sont cependant situés au sud-est à plus de 300 km en ligne droite sur la Sierra de San Luis. Les graines de Gymnocalycium kulhanekii sont sphériques à ovoïdes, celles de Gymnocalycium amerhauseri, Gymnocalycium erinaceum var. paucisquamosum et Gymnocalycium pinalii sont plus ou moins allongés.
L’auteur considère que cette espèce est en danger compte-tenu du fait qu’une seule station soit connue et que celle-ci est de taille modeste.
La démonstration faite par Papsch est convaincante et donne à voir une belle petite espèce, très attrayante par sa floraison, que j’espère pouvoir illustrer photographiquement prochainement