Contexte nomenclatural

 

La répartition géographique des Gymnocalycium est particulièrement vaste (3000km du nord au sud et 1500km d’est en ouest) et rend leur systématique et leur taxinomie très complexes à appréhender.
Chaque vallée, chaque sierra, chaque colline isolée, ont vu se singulariser de petites populations de Gymnocalycium qui se distinguent de leurs voisines par une couleur de floraison, une dimension, un nombre ou une forme d’épines différents.
C’est ainsi qu’au cours du siècle passé, les botanistes mais aussi des amateurs passionnés, des collecteurs de graines, des pépiniéristes ont apporté leur pierre à la construction de l’édifice nomenclatural. Au fur et à mesure qu’ils mettaient en évidence une caractéristique différente plus ou moins notable d’avec ses voisins, ils créaient un nouveau taxon. A ce jour, un peu plus d’un millier de taxons plus ou moins correctement décrits par tous ces collecteurs et botanistes, ou simplement nommés dans une liste de graines, ont été recensés. C’est considérable et peut-être unique dans la famille des cactus. (voir la liste de ces taxons établie mais plus maintenue à jour par Ulrich Creutzburg)

De récents auteurs se sont penchés sur cette nomenclature pléthorique afin d’en faire émerger les lignes de force et de dégager des espèces acceptées par la majorité. Ce travail a permis de retenir « seulement » 75 taxons de niveau espèce ou sous-espèces pour Graham Charles (2009) et approximativement le même nombre pour Detlev Metzing (2012).
Cette approche de «regroupeurs » que l’on nomme du terme anglais «lumpers» permet de rapprocher des taxons qui présentent des traits similaires tout en considérant que les différences ne sont pas aussi importantes que les similarités. Ces taxons considérés comme suffisamment proches sont alors mis au rang de synonymes et nommés du nom de l’espèce la plus anciennement décrite valablement.
A cette approche s’oppose celle des «diviseurs», «splitters» en anglais  Ces botanistes analysent finement chaque sujet et créent de nouvelles espèces afin de classer ces organismes sur la base de la plus petite différence connue.
Tant que des analyses moléculaires ne seront pas systématiquement entreprises pour chaque population de Gymnocalycium (et ce n’est pas demain la veille), ces tentatives sont empreintes de subjectivité et sujettes à caution.

Face à la grande variabilité du Genre et à la réelle complexité de sa taxonomie, le collectionneur sera bien avisé de conserver le nom d’achat d’un Gymnocalycium tout en lui adjoignant le nom de la nomenclature la plus récente. Les deux noms doivent absolument être conservés. Cette précaution permettra de suivre l’évolution continuelle de la nomenclature qui pourrait, à la faveur d’analyses phylogénétiques ou de tout autre travail d’experts, rendre par exemple valable un taxon non reconnu actuellement.
Mais la meilleure pratique pour qui veut s’intéresser sérieusement à un genre de cactus, est de ne se procurer que des exemplaires issus de graines collectées dans la nature et portant un n° de collecte dument référencé dans des bases de données internationales. En anglais Field number. En identifiant précisément l’origine géographique d’un exemplaire de votre collection, il devient alors possible de suivre l’évolution de la taxonomie et de lui attribuer, le cas échéant, sa nouvelle identité au terme d’études menées par des experts.

Au cours de ces dernières années, ce cas de figure s’est présenté à plusieurs reprises. Ainsi, alors que le taxon Gymnocalycium papschii avait fait l’objet d’une description acceptée par la communauté, un nouvel examen de cette population a permis de se rendre compte qu’elle était hétérogène et comprenait une autre espèce dissimulée en son sein mais légèrement distante géographiquement de la première : Gymnocalycium gertii. Les numéros de collecte permettent à présent de dissocier ces deux taxons.

Durant l’été 2014, un collège d’expert a, de la même façon, décidé de détacher du groupe Gymnocalycium bodenbenderianum, un nouveau taxon bien particulier, nommé à cette occasion Gymnocalycium basiatrum. Celui-ci est assez bien circonscrit géographiquement (au sud de la province de La Rioja, près d’Ulapes – Ambil, à environ 430 m d’altitude). Il devient dès lors possible d’attribuer cette nouvelle identité à tous les sujets de votre collection issus de ce secteur géographique.

En résumé, si vous voulez faire un travail sérieux, n’achetez que des sujets ou des graines munies d’un n° de collecte, ce sera la meilleure garantie de pérennité et de qualité pour votre collection !

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